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Jeudi 4 juin 2009


La belle Carlita était désespérée,

son Chouchou Président avait encore foiré.

Pourtant, ses laquais affidés avaient tout préparé,

fiches et résumés,briefings, répétitions tout était peaufiné

pour que l'inculte enfin passant pour érudit,

étouffe les pamphlets des critiques maudits.

En fallait-il du baume pour leur faire oublier

que dans un premier temps il avait violenté

la Princesse de Clèves, juste pour rigoler,

et c'est horrifiée au fin fond de l'avion qu'elle entendit l'ignare

persistant dans sa crasse, dire Roujon Macquart

en évoquant Zola,

prouvant s'il le fallait qu'il ne le lisait pas.

Les fielleux journalistes en firent leurs délices, rivalisant d'ardeur

de vilaine malice, d'adjectifs assassins, de verbes incongrus

pour railler son chouchou, son mec, son âme soeur

Son petit empereur, son petit bout d'amour qui carressait son coeur (*).

Tristement convaincue qu'il serait difficile
de transformer son nain en docte généreux,

de lui apprendre à lire et d'y trouver plaisir, de polir le rugueux

pour en faire jaillir un soupçon d'élégance, un peu de courtoisie, un zeste de savoir

Il lui vint une idée que seule peut avoir
une femme aveuglée par l'amour du pouvoir.

S'il ne voulait s'instruire au contact de Voltaire, de Descartes ou de Sand

Elle écrirait pour lui des romans incendiaires,
des ouvrages affolants, des vers de douze pieds

Au parfum délétère, avec dedans du sexe et des mots compliqués.

Elle allait le mater son pervers imbécile, elle, il la lirait !

Choisissant un Mont-Blanc, elle commença d'écrire, mais le stylo bavait.

Sa plume écorniflée, de même tous les autres sagement alignés

Collection onéreuse jamais utilisée, si ce n'est pour crever dans un geste rageur

Les yeux des opposants, des rivaux, des gêneurs

sur les photos glacées des magazines pipeaux
juste à coté de celles montrant tout de son dos.

L'énervement gagna la distinguée donzelle, qui d'un pas décidé alla jusqu'au jardin.

Sur le premier oiseau croisé, c'était un paon, je crois,

qu à la queue magnifique , la féroce arracha

une plume qu'elle aiguisa, pour satisfaire à ses besoins

car s'il est une chose qu'il faut que vous sachiez,
 journaleux assassins et mettiez à la Une

c'est que bien mieux que vous la belle évaporée
sait tailler une plume....

* je sais coeur ne rime pas avec incongru, mais j'avoue, j'ai pas trouvé la rime...

Par Fomahault - Publié dans : réflexions
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