mais... 6 mois avant , 1515 ou 1514 ?
sournois non ?
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Sérieusement
et sans tricher en allant sournoisement rechercher sur Google
sauriez-vous dire si...
La Joconde a la main droite posée sur la main gauche ou le contraire ?
le début de l'histoire est ici
Ils glissèrent sans peine dans la vie douce et tranquille du village.
Les premiers jours, Sienne et Ael, assis côte à côte sur la petite marche, le dos caressé par le voilage blanc se laissèrent apprivoiser par les villageois. Tous avaient séjourné au gîte à leur arrivée et la maison gardait la trace de ses anciens occupants. Le vol d’hirondelle peint à fresque qui décorait le mur du couloir était l’œuvre de Martha la couturière. Le plateau étroit de la table avait été façonné par Eli dans le tronc d’un pin, les lampes à huile dont les flammes vives réchauffaient la nuit étaient l’œuvre de l’Orfèvre Martin et la cruche de terre cuite aux motifs géométriques gravés était tellement ancienne que personne dans le village ne se souvenait du potier qui l’avait tournée. Les murs chaulés exhalaient des senteurs de cèdre, de fève tonka et d’ambre, parfums familiers qui faisaient onduler des souvenirs inaccessibles au bord de leur conscience.
Le matin, ils n’étaient qu’yeux et oreilles. Ils grappillaient les conversations, épiaient les marchandages joyeux d’un marché où on semblait ne pratiquer que le troc, surveillaient les des enfants nus jouant des jeux aux règles complexes et que personne ne réprimandait jamais. On les saluait, on s’assurait qu’ils disposaient du nécessaire à leur bien-être, puis, certain qu’ils ne manquaient de rien, on partait vaquer à ses occupations, qui vers le lagon, qui dans son atelier, qui vers les sommets après avoir rempli les cruches au bassin.
La place animée retentissait du claquement de la navette sur le métier à tisser, du son clair du ciselet sculptant l’or, du grincement de la scie dans l‘atelier d‘Eli, de toute une polyphonie artisanale que Sienne et Ael, désœuvrés, écoutaient avec envie.
Plus tard, lorsque le soleil surplombait tout droit la fontaine et que les ombres devenaient si courtes qu’elles n’étaient plus que des traits de khôl fardant le bord du bassin, la place se vidait peu à peu, alors la légère brise de mer se parfumait de thym, d’origan et de nombreuses épices dans lesquelles Sienne reconnaissait le safran et la muscade. On déjeunait d’une galette ronde qui cuisait en quelques secondes dans les fours et qui gonflait comme un ballon. On en crevait la tranche d’un geste vif pour la fourrer de légumes mijotés aux fines herbes ou de fruits sucrés.
La chaleur du début d’après-midi pesait sur le village et les habitants somnolaient dans un silence parsemé de rires d’enfants et du claquement de leurs pieds nus et mouillés lorsqu’ils couraient sur la sente du lagon. Dans la tiède pénombre de leur chambre, Sienne et Ael entendaient monter vers eux les éclats des plongeons, les cris d‘appels et d‘encouragements que s‘adressaient les gamins, rarement quelques pleurs qui ne duraient pas. Ael avait essayé une fois de suivre leur cavalcade, mais les enfants l’avaient intercepté à mi-pente, alors même que le lagon était encore caché par l‘arrondi d‘un rocher, les enfants l‘avaient entouré avec fermeté et raccompagné au gîte en lui signifiant que ‘’pour les grands, il était l’heure de la sieste’’ .
Sans qu’on eu besoin de le leur expliquer, le couple avait compris que ces heures étaient celles de l’intimité, des caresses et des doux gémissements , un temps où ils pouvaient pleinement se consacrer l’un à l’autre protégé par l’accord tacite qui semblait interdire les intrusions joyeuses de visiteurs importuns.
Enfin, le soleil brûlant glissait derrière la falaise, l’ombre verte reprenait possession de la place et le village s’animait doucement. Quelques retardataires venaient faire provision d’eau, d’autres installaient chaises et coussin sur le pas des maisons, on tirait l’aiguille à broder, on épluchait les légumes, on occupait ses mains en petits groupes d’amis tout en bavardant. On se rendait visite, on faisait admirer son dernier ouvrage, on demandait conseil, on organisait les travaux du jour suivant, on écoutait les musiciens, on reprenait en chœur des antiennes .
C’était un temps pour tous, un temps partagé qui réunissait la communauté, renforçait les liens, soudait les amitiés, révélait les tensions que tous s’efforçaient alors d’apaiser.
Chaque après-midi, Sienne et Ael recevait un nouvel invité qui leur disait les coutumes, les légendes et les habitudes du village. Lorsqu’ils en parlaient entre eux, ils s’amusaient de ces moments qu’ils nommaient « l’école ».
Sienne et Ael collectionnaient les mots offerts et le soir, lorsque la place était désertée et qu’ils étaient
enfin seuls dans la maison, ils tissaient les histoires apprises dans la journée pour reconstituer la trame de la vie du village, essayant vainement d’y inclure le fil qui les liait l’un à
l’autre.
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