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Mardi 27 octobre 2009


Le début de l'histoire est ici

La couturière avait surpris le regard d’Ael, son visage se ferma brusquement.

- c’est mon dol que tu regardes ?

Et sans lui laisser le temps de répondre, elle ajouta sur la défensive,

- je n’en porte qu’un et il est minuscule. Evidement, c’est à Jola que je le dois.

Puis elle tourna les talons, pris Sienne par la main pour l’entrainer dans le ryad et reprit sur un ton enjoué :

- Viens, je vais te montrer mes trésors.

Ael les suivit à regret, quittant la lumière vive de la terrasse pour l’ombre bleutée des couloirs.

Ils rejoignirent Fayl dans le petit salon, Martha s’était mise en devoir d’initier Sienne aux arcanes de la teinture des tissus.

- tu vois, les bleus, noirs, indigos sont faciles à faire avec ça. Il en faut peu, ça pousse bien et c’est simple à récolter, on utilise seulement la feuille de la guède.

Elle tendait à Sienne une cocagne de pastel,

- mais le rouge, c’est une plaie ! Il faut creuser la terre profondément pour arracher les racines de la garance, et la couleur passe vite au soleil.

Sienne écoutait poliment, hochait la tête pour indiquer qu’elle comprenait bien les difficultés du métier, mais Ael qui savait lire en elle percevait une autre curiosité et surprit les regards furtifs qu’elle portait sur le bijou.

 

Indifférent aux bavardages de sa compagne, Fayl disposait le couvert sur une table basse. On aurait pu entendre crisser les bols de terre chamotée dans ses mains calleuses, Ael ressentait une gêne qu’il ne put définir à voir cet homme au visage impassible s’activer comme un maître d’hôtel stylé. Il proposa son aide, mais Fayl la refusa poliment et s’adressa à Martha, avec la même absence de conviction qu‘un acteur jouant depuis trop longtemps la même pièce :

- pourquoi ne leur montres-tu pas ton œuvre ? Nous avons le temps, le curry n’est pas tout à fait cuit.

La tension qui s’était installée sournoisement céda d’un seul coup quand la couturière déballa une pièce de brocart. Sur un fond vert amande très doux et soyeux, elle avait rebrodé les volutes d’un motif d’indienne d’un beau blanc nacré, rehaussé de pourpre, de jaune d’or et d’indigo.

Martha glissa la main dans un pli du tissu et s’amusa à le faire onduler. L’effet était saisissant, les couleurs semblaient vibrer et changeaient selon l’orientation de la lumière, du parme le plus doux au rouge sang en passant par un doré profond, l’étoffe semblait s’animer d’une vie propre.

Sienne en avait le souffle coupé, elle n’osait pas imaginer le nombre d’heures de travail qu’il avait fallu pour créer cette merveille.

Quand Fayl revint, précédé par les parfums de curry et de cardamome, Martha toute rose des compliments qu’on lui avait adressés rangea le tissu précieux dans un coffre de cèdre.

- Un jour, peut-être, je le cèderai à Jola, dit-elle avec un soupir. Puis la conversation s’engagea sur des précisions techniques, Fayl et Martha dévoilant tour à tour leurs secrets de fabrication.

la suite est ici

Par Fomahault - Publié dans : nouvelles
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Lundi 26 octobre 2009

Le début de l'histoire est ici

Les jours suivaient les jours, tous semblables et ensoleillés, comme si quelqu’un avait figé à jamais la plus belle journée de fête d’une fin de printemps. Dès qu’ils passaient le pas de la porte du gîte, Ael et Sienne étaient happés par les villageois. Ils faisaient l’objet de toutes les attentions, choyés, entourés sans cesse, ils n’étaient jamais seuls. Sienne en était parfois agacée, mais lorsqu’elle s’en ouvrait à Ael, à l’heure de la sieste, il protestait, invoquait l’accueil, la gentillesse et la patience de ceux qui prenaient de leur temps pour leur enseigner les coutumes du village. On prévenait leurs besoins, on devançait leurs questions, on leur apprenait les cent une façons de cuisiner les légumes et comment battre le briquet de silex pour en tirer une longue flammèche. Le soir, sur la place, on discutait longuement pour savoir qui le lendemain aurait leur visite et leur compagnie.


Martha et son compagnon, Fayl le vannier furent les premiers à ouvrir leur maison. Ils occupaient quelques pièces basses de l’antique ryad sur la place. La bâtisse formait un cube évidé en son centre par un patio carré à ciel ouvert. Tout en enfilade, la cuisine, un petit salon avec une alcôve et une chambre semblaient avoir été fraîchement passés au blanc de chaux et des farandoles d‘oiseaux et de fleurs s‘enroulaient sur les murs blancs. Martha les guida à travers un dédale de pièces abandonnées au crépi lépreux jusqu’à un escalier minuscule. A l’étage, dans ce qui avait du être une chambre exposée plein sud Martha avait installé son métier à tisser. La chambre suivante était encombrée de brins d’osier et de rotin de châtaignier ainsi que de grandes jarres remplies d’eau qui servaient à humidifier et assouplir les tiges avant le tressage. En déambulant dans les couloirs et les galeries qui montaient vers le toit plat, Martha expliqua que le ryad était probablement l’une des premières maisons construites en dur dans le village.

- Il est tellement ancien, dit-elle en ouvrant une porte grinçante, que personne ne souvient de celui qui l’a construit.

- Pas même le Guide ? demanda Sienne.

Mais Martha enjambait déjà un linteau qui ouvrait sur la terrasse supérieure et continuait à bavarder.

- Lorsque je suis arrivée, le ryad était vide et quand j’ai décidé de rester, j’ai pensé qu’il serait dommage de laisser mourir ce petit palais. Alors, plutôt que de bâtir une maison, je m’y suis installée et j’ai commencé à le restaurer, puis Fayl est venu, et maintenant, nous y travaillons tous les deux. J’aime son coté labyrinthe, on dirait qu’il a poussé au hasard , comme une plante mal taillée.

De grandes pièces de tissus vivement colorées tapissaient la terrasse bordée par un parapet délabré.

- J’utilise le toit pour faire sécher mes teintures, dit Martha, et comme Ael s’avançait pour admirer le paysage, elle le retint par le bras.

- Ne t’approche pas trop près du bord, nous n’avons pas encore consolidé les bordures.

La terrasse surplombait une étroite plage de sable en forme de croissant de lune, dans la mer au reflet de turquoise, les enfants s’ébattaient et un éclat brillant venait piquer l’oeil lorsque le soleil se réfléchissait sur une breloque d‘or. Ael avait déjà remarqué sans y prêter vraiment attention que tous les enfants portaient au cou au moins un minuscule pendentif, quelques fois plusieurs.

Ael aurait aimé rester un moment sur la terrasse pour contempler la mer, il se tourna vers Martha pour demander sa permission quand un bref éclat s’alluma dans le corsage de la couturière. Sur la peau brune et ridée, une orange d’or finement ciselée grosse comme un noyau de cerise avait accroché la lumière .

la suite ...

Par Fomahault - Publié dans : nouvelles
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Samedi 24 octobre 2009


Vous pourrez lire chez Zeitnot une remarquable analyse de la situation politique qu'il décline en trois articles très documentés et irréprochables. Bien entendu, certains ne l'entendent pas de cette oreille, et ne manquent pas de le faire savoir.
j'approuverai sans réserve la controverse si les contradicteurs avançaient des arguments étayés avec la même rigueur, mais.....
Je vous laisse juge des commentaires  !

Enjoy !

http://zeitnot.over-blog.com/article-qui-est-il-que-veut-il-addenda-l-electorat-38063095.html

Par Fomahault - Publié dans : ça me hérisse
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